While negotiations remain stalled in aviation, the striking unions point to the presence at Tahiti-Faa’a of ramp workers from Air New Zealand and Air France. For CSIP, Air Tahiti, by renting them the gear necessary to move their airplanes on the tarmac, is trying to obstruct the strike. On the companies’ side, they acknowledge the arrival, “legal” and planned, of in-house professionals, but insist they have not replaced non-striking workers. The urgent-court judge will render his opinion this Friday, and should promptly be seized with accusations of illegal use of temporary workers at Somstat.
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One week after the start of the aviation labor actions, the unions shift into a higher gear. As Tahiti Infos reported, the CSIP and the Air Tahiti Flight Attendants Union have summoned the company’s management to court in a référé for obstruction of the right to strike. The two sides are summoned to the district court Friday morning at 8:30.
« We are taking the urgent-court judge to eject these people. »
According to Virginie Sicot, a shop steward of the Air Tahiti PNC Union, “the company has resorted to external personnel to carry out the work of the strikers.” She notes the arrival at Tahiti-Faa’a in recent days, “two foreigners from Air New Zealand” and “a staff member from Air France” to handle the “repositioning” of the wide-body aircraft for their respective carriers. This maneuver, whereby commercial planes are backed up to depart from their stands, is normally handled by Air Tahiti as part of its international gate-handling service. The unions mainly point out that these professionals “used Air Tahiti’s equipment” and, according to Sicot, were “trained by non-striking staff” of the domestic company.
A version validated by Cyril Le Gayic, who filed an urgent court action to denounce obstruction to the right to strike and illegal temporary-work. “In the Labour Code, it is clearly established that during a strike period it is forbidden to hire fixed-term contracts, temps, and other people. We’ve been told that there are New Zealanders here, Air France as well, and that they have been trained to operate the equipment,” explains the CSIP spokesperson who questions the work permits of these “foreigners,” as well as their authorization to access the runway. “We deem them not to be there. Once Air Tahiti entrusts them with its equipment, we will seize the urgent-court judge to expel these people.”
Interventions « légales », et « dans le cadre des accords avec le pays »
D’après nos informations, aucun contrat salarial ne relie ces trois pistards à Air Tahiti. En revanche, la compagnie domestique a bien signé un contrat de location de matériel avec les compagnies internationales. Christel Bôle, manager d’Air New Zealand à Tahiti, confirme que la compagnie a bien fait venir, voilà plus d’une semaine, deux pistards néo-zélandais, des « formateurs », qui aident effectivement à assurer les départs en vacances « bien mérités » de ses passagers. Mais la responsable précise que cette venue est autorisée et plafonnée à 15 jours dans le cadre d’une convention signée avec le Service de l’emploi, de la formation et de l’insertion. Les deux employés auront d’ailleurs quitté le territoire « avant ce weekend » . Côté Air France, la venue au fenua d’un agent d’escale antillais à titre d’observation était dans les rouages bien avant l’idée même d’une grève de l’aérien. De chaque côté, on parle d’interventions « légales », « dans le cadre des accords avec le pays ».
Air Tahiti, de son côté, a bien prodigué, dans le cadre de son contrat de location, des instructions d’utilisation des engins loués, mais n’aurait pas assisté davantage les pistards extérieurs. Et surtout, son personnel non gréviste a continué à assurer les opérations : d’après la compagnie, aucune opération de repoussage n’avait, ce jeudi, été effectuée par des pistards extérieurs. Des arguments qu’il faudra porter devant le juge des référés du tribunal de première instance ce vendredi. La CSIP dit également faire un signalement auprès du parquet pour éventuellement porter l’affaire au pénal. Le gestionnaire de l’aéroport ADT, lui aussi pointé du doigt par le syndicat pour avoir autorisé l’accès et le travail des pistards extérieurs sur le tarmac de Tahiti-Faa’a, n’a pas souhaité faire de commentaire.
Des négociations « qui patinent »
La CSIP dit aussi avoir lancé une procédure en référé contre la Somstat et « attendre l’assignation » du gestionnaire de carburant de la plateforme. La société, qui appartient conjointement aux trois opérateurs pétroliers de la place, est accusée d’avoir procédé à des embauches d’intérimaires en amont de la grève pour diminuer ses effets, et de n’avoir pas respecté le repos hebdomadaire de certains grévistes pour éviter des ruptures d’approvisionnement d’avions.
Les syndicats espèrent que ce bras de fer judiciaire sera un « appui dans des négociations qui patinent ». Si pour la Somstat, une contre-proposition de protocole doit voir le jour avant la fin de la semaine, chez Air Tahiti les négociations « tournent en rond » sur la moitié des 44 points du cahier de doléances, d’après la CSIP. Virginie Sicot, déléguée du syndicat des PNC, note tout de même quelques avancées, telles que la prime d’insalubrité pour les pistards et un utilitaire de fonction pour les femmes de ménage, mais constate surtout que la direction est « complètement fermée sur les questions de rémunération », les grévistes demandant des revalorisations importantes du système indemnitaire. « On balaye à peine les points sur lesquels on était déjà d’accord », declare la syndicaliste, regrettant que la direction tente de revenir sur des acquis datant des accords de 2016. À l’époque déjà, le personnel navigant avait milité pendant trois semaines pour des plannings plus stables. Aujourd’hui, selon la cheffe de cabine, on leur demande « plus de flexibilité ».
« We say we can’t pay, but we can buy a plane for VIPs. »
Mais le nerf de la guerre est et reste tout de même le financier. Pour Air Tahiti, la crise pétrolière internationale et la concurrence dans le secteur, qui a plongé toutes les compagnies locales dans le rouge ces dernières années, obligent l’opérateur historique et ses plus de 1600 employés à se serrer la ceinture. La direction a régulièrement mis en garde les grévistes sur la fragilité de sa situation et le risque d’aggravation causé par leurs demandes et par les perturbations engendrées par le mouvement.
Une philosophie qui ne « tient pas la route » selon Cyril Le Gayic : « Je veux bien qu’ils nous démontrent l’impossibilité (d’accéder aux revendications financières, ndr), parce que pour Air Tahiti, ça ne date pas d’aujourd’hui, le déficit. Il y a à peu près dix ans, et ça s’est cumulé ». Le porte-parole de la CSIP estime en outre que « c’est au Pays » de prendre en charge une partie du déficit, vu les règles imposées dans les DSP par lesquelles Air Tahiti dessert 34 destinations non rentables dans les îles. Des DSP que le gouvernement doit justement remettre en jeu l’année prochaine, provoquant des crainte chez d’autres syndicats de l’opérateur.
Le syndicaliste pointe également du doigt l’arrivée d’Anapanapa, le nouvel ATR 100 % business d’Air Tahiti : « On dit ‘on ne peut pas payer’ mais on peut se payer un avion pour les VIP, mais pour le personnel qui se crève le cul, on ne peut rien pour eux. » L’avion est justement, pour la direction, censé aider à consolider les recettes de la compagnie. Plusieurs centaines de réservations sont déjà enregistrées à plus de 1000$ le trajet.